Pory-Papy, l’homme-clef du 22 mai 1848

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André-Marc Belvon

Dès les premiers jours d’avril, les esclaves savent que « la liberté va venir », d’où une impatience et une tension qui ne cessent de croître. • ARCHIVES TERRITORIALES DE MARTINIQUE

Il fut le premier avocat de couleur en Martinique. Il fut aussi le plus influent des libres de couleur de la colonie à la veille de l’abolition de l’esclavage, et son rôle fut décisif dans les événements qui ont précipité la décision du gouverneur Rostoland de proclamer l’abolition immédiate de l’esclavage le 23 mai 1848. Le décret du 27 avril 1848 signé à Paris, interdisant l’esclavage, n’arriva que le 10 juin 1848 à la Martinique.

«Pour la première fois depuis des siècles,
l’esclave refusait d’obéir, et le maître craignait de le punir. La
République de 1848 venait d’être proclamée (…) » écrit le
journaliste d’origine irlandaise Lafcadio Hearn dans son roman “
Youma ” (1). Il y décrit l’atmosphère de fin d’un temps, celui de
l’esclavage en 1848.

Du 22 au 25 février 1848, la France vient de
connaître sa troisième Révolution après celles de 1789 et de 1830.
Une partie du peuple de Paris s’est soulevé de nouveau et est
parvenu à prendre le contrôle de la capitale. Le roi Louis-Philippe
a été contraint d’abdiquer le 24 février 1848. Conséquence : la
Deuxième République a été proclamée. Un gouvernement provisoire a
été mis en place, mettant ainsi fin à la Monarchie de Juillet.

Comme l’indique Souquet Basièges dans son ouvrage
« Le préjugé de race aux Antilles Françaises » (2) :
« C’est un dimanche, le 26 mars 1848, au milieu des pieuses
occupations de la Martinique » que l’on apprend les événements
qui se sont déroulés à Paris. « Rien, écrit-il encore, n’avait
préparé le pays à la brusque transformation qui allait surgir
(…). De tous côtés, l’émotion et la surprise furent
grandes ».

Ce bouleversement à Paris va profondément changer
le cours de l’histoire en Martinique. François Arago devient
ministre de la guerre, de la Marine et des colonies dans le
gouvernement provisoire. Victor Schœlcher y est nommé
sous-secrétaire d’État à la Marine et aux colonies. Les premières
nominations sont faites en Martinique : le général Claude Rostoland
est gouverneur provisoire. La direction de l’Intérieur est confiée
à un blanc créole, Louis Thomas Husson, membre du conseil municipal
de Fort-Royal. Ce dernier a déjà donné des gages de sa volonté de
parvenir à l’émancipation des esclaves. À Paris, Victor Schœlcher
accélère la rédaction des décrets émancipateurs….

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